Côte d’Ivoire – La Dot : Des aspects culturels à la Cohésion Familiale

Societe & Environnement

L'équipe de reportage de UP AFRICA TV se propose en ce début d'année 2021,de vous introduire au cœur d’une cérémonie vieille comme le monde. Elle est présente partout en Afrique, et ce depuis plusieurs siècles. Il s’agit de la dot. Payée par le fiancé, elle permet de sceller l’union entre deux familles et demeure très codifiée. Grâce au couple Gbalou Mathieu et Baya Gertrude, notre équipe a renoué avec cette belle cérémonie que nous invitons à revivre ici.

 

Les règles, bien précises, sont expliquées au fur et à mesure par le maître de cérémonie. Lequel vérifie surtout que tous les éléments indiqués sur la liste de dot, établie par la famille de la future épouse, ont bien été apportés, et les présente un à un à l’ensemble de l’auditoire.

Verser ou accepter une dot, c’est comme dire “oui” devant le maire, C’est un rite qui a survécu à la période coloniale, alors même que des colons, notamment français, s’en offusquaient.

Une longévité qui tient à sa triple légitimité : coutumière, légale et religieuse. Et c'est surtout pour respecter ce volet religieux que l'éminent oint de Dieu l'Apôtre BLÉSSORO EZÉCHIEL père spirituel du marié a été convié à cette dot.

Le « prix de la mariée »

 

En général, elle compte différentes étapes, chacune dotée d’un sens. Les fiançailles officielles commencent dès que le prétendant a « frappé à la porte » : il s’est présenté au domicile des parents avec des boissons fortes pour effectuer sa demande.

 

Une bouteille est remise au futur beau-père. Si la jeune fille refuse qu’il l’ouvre, tout s’arrête là. Si elle donne son accord, la bouteille est ouverte. Elle en partage les premières gorgées avec son fiancé, en présence de représentants des deux familles.

Aussi une femme ne se sent réellement mariée qu’à partir du moment où son mari a remis le sel, dont on connaît la valeur à la fois économique et symbolique et tous les biens demandés par la famille de la mariée.

Il s’agit en fait du “prix de la mariée” : l’homme donne des présents à la famille de la femme en compensation de la perte de celle-ci. Rien à voir donc avec la dot au sens occidental ou indien du terme, qui désigne l’argent ou les cadeaux offerts par la famille de la femme au mari.

 

Un système encadré, gage de stabilité

Le montant de la dot varie selon les régions et les familles et surtout en fonction du niveau social du marié.

Mais le système est bien encadré et équilibré.

Car la dot est mentionnée dans nombre de codes de la famille ou codes civils africains. Elle a un caractère de symbole. Elle peut être payée en nature, en espèces ou sous les deux formes.

La dot représente aussi et surtout un trait d'union entre les deux familles de sorte à ce que les éventuels conflits qui naîtraient dans le couple soient réglés de façon efficiente.

 

Mauvaise presse ?

Pourtant, la dot n’a pas toujours bonne presse. D’abord à cause de son coût : il est parfois si élevé que ses détracteurs l’assimilent à une forme de marchandisation de la femme.

 

Dénaturation de la dot ?

 

Parfois, le statut de principal « négociateur » ou de porte-parole est accordé à l’un des convives non pas en vertu de son lien de parenté avec l’un des futurs mariés, mais en fonction de son rang social.

En cas de divorce, la femme ne peut emporter ces biens. Mais celle qui décide de quitter son mari les fait souvent disparaître un à un…

La dot eu égard à ses détracteurs vaut son pesant d'or, car elle permet in extenso que la protection divine et famille accompagnent le couple tout au long de leur vie.

 

Félix Yao/UP AFRICA TV-Abidjan