Côte d’Ivoire – Cinéma Ivoirien : De la Période De Gloire Au Déclin

Culture & Education

Le cinéma ivoirien peine à se faire une place sur la scène nationale et internationale. Pourtant il fut un temps où les choses étaient différentes : les Ivoiriens étaient friands du grand écran, chaque ville possédait son cinéma et on dénombrait plus de 100 salles rien qu'à Abidjan ! L'équipe de UP AFRICA TV vous propose de remonter le temps pour découvrir la petite histoire du 7eme Art ivoirien.

Tout commence en 1961, la SIC (Société Ivoirienne de Cinéma) est créée, puis fusionnée, en 1963, avec la RTI. En 1964, Timité Bassori y réalise le premier film ivoirien « Sur la dune de la solitude » et ouvre la voie à une nouvelle génération de cinéastes talentueux.

Parmi eux, Henri Duparc, qui réalisera en 1969, son premier moyen métrage "Mouna ou le rêve d'un artiste. Ce film fera l'ouverture de la 2eme édition du FESPACO, l'un des plus grands festivals cinématographiques du continent. Ou encore, Désiré Écaré dont le film, "Visages de femmes" sera le premier film ivoirien sélectionné au Festival de Cannes en 1985.

Aller au cinéma dans les années 1960-1990

De 1960 à 1980, les cinémas étaient des lieux de vie importants pour les Ivoiriens. À Abidjan, les cinéphiles se retrouvaient au El Mansour, à L'Ivoire, au Rex, à Paris, aux Studios ou dans les 100 autres salles que comptaient les différents quartiers de la capitale.

Le prix des tickets, compris entre 100 et 200 FCFA, rendait cet art accessible à toutes les bourses et les propriétaires de salles arrivaient à captiver le public en travaillant avec des Djellabas (griots), chargés d'expliquer le synopsis des films avant leur projection. Bref, aller au cinéma était une expérience unique !

Le déclin des salles

En 2000, un grand nombre de nouvelles églises apparaissent en Côte d'Ivoire et s'installent dans les locaux des cinémas. Un coup dur pour le 7eme Art ivoirien qui subira aussi les répercussions des crises politiques.Heureusement, Akissi Delta produira l'illustre série "Ma famille", un succès planétaire qui permettra au cinéma ivoirien de survivre.

S'en suivront également des séries telles que "Nafi", "Sah Sandra", "Class'A" ou "Teenagers" et des films comme "Bronx Barbès", qui fera le plus d'entrées au box-office ivoirien. Cependant, le lien entre le grand écran et les cinéphiles est définitivement rompu et les Ivoiriens ne vont plus au cinéma.

La renaissance

En mai 2015, et face à la demande du public abidjanais, le groupe Majestic Cinéma, fondé par Jean-Marc Bejani, rouvre la mythique salle du Sofitel Abidjan Hôtel Ivoire (385 places), puis le Majestic Sococé (180 places) et le Majestic Prima (233 places), et récemment, une nouvelle vague de réalisateurs (Guy Kalou, Axel Ogou, Philippe Lacôte..) bouge les lignes en proposant un cinéma proche des réalités ivoiriennes et africaines.

En 2014, le film "Run" de Philippe Lacôte est nominé au Festival de Cannes. En 2018, la série "Invisibles" d'Axel Ogou est primée  meilleure fiction étrangère au Festival de La Rochelle. Cette année, le long métrage ” La nuit des rois" de Philippe Lacôte est nominé aux Oscars mais il faudra attendre 2021 pour savoir s'il figurera sur la liste définitive de la catégorie film étranger.

En attendant, le cinéma ivoirien continue son petit bonhomme de chemin.

 

Félix Yao/ UP AFRICA TV-Abidjan