mardi, juillet 5, 2022

CELEBRATION- Journée internationale de fin de l’impunité des crimes commis contre les journalistes : L’Afrique s’achemine sur la bonne voie.

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Grâce à des plaidoyers aux échos favorables, le berceau de l'humanité n'est pas compté parmi les trois zones les plus dangereuses du globe en la matière et pourtant, c'est à lui que le monde doit cette célébration en mémoire de l'assassinat de deux journalistes français au Mali en 2013.

 

Le 02 novembre 2013 l'onde de choc partie du nord Mali où deux membres d'une équipe de reportage de Radio France International (RFI) viennent d’être froidement assassinés, fait rapidement le tour du monde. En effet, c'est en chœur que la communauté internationale crie sa consternation, son indignation et sa protestation avant même que les corps de Ghislaine Dupont et Claude Verlon ne soient rapatriés en France. L'hexagone qui comme de nombreux pays africains donnera aisément sa voix dans le concert des nations qui trouve un écho favorable lors de la 68eme session de l'assemblée générale de l'ONU. L'Organisation des Nations Unies qui par sa résolution A/RES/68/163 adoptée en décembre 2013, proclame le 02 novembre « Journée Internationale de fin de l'impunité pour les crimes commis contre les journalistes. ».

Cette célébration dont l'objectif premier était à l'origine « d'exhorter les États membres de l'ONU à mettre en place des mesures précises afin de lutter contre l'actuelle culture d'impunité. », s'est enrichi de nouveaux axes au fil du temps. C'est le cas notamment de la protection des journalistes qui était au centre des préoccupations cette année. Une 6eme édition qui a révélé à la lumière d'un rapport de l'UNESCO que «  Le nombre de journalistes assassinés dans le monde est moins élevé en 2019 que pour la même période l'an dernier avec 43 assassinats dénoncés par sa Directrice Générale au 30 octobre contre 90 à la même date en 2018. ». Le rapport onusien précise même que la région des États arabes, l’Amérique Latine et les Caraïbes ensuite l'Asie-Pacifique sont les zones les plus meurtrières avec respectivement 30, 26 et 24% des cas. Il n'en fallait pas plus pour que les gouvernements de bon nombre de pays d'Afrique montent au créneau par la voix de leur porte-parole pour se satisfaire de n'avoir pas les premières places aux bancs des accusés. Certains d'entre eux ont vite vu les doigts accusateurs des organisations professionnelles de journalistes nationales et/ou internationales se pointer sur leurs pays qui n'ont pas toujours fait la lumière sur des crimes commis dans le passé. C'est le cas du Mali où la maison de la presse et ses nombreux partenaires ont à l'unisson « Appelé les autorités à éclaircir les zones d'ombre non seulement sur le cas des deux journalistes de RFI assassinés à Kidal mais également sur celui de Birama Touré disparu depuis 2016. ». Même son de cloches pratiquement au Burkina Faso où l'assassinat du journaliste Norbert Zongo reste impuni depuis le 13 décembre 1998, jour de sa mort brutale et atroce. Le voisin ivoirien où les affaires des journalistes Jean Hélène abattu à Abidjan le 21 octobre 2003 et Guy-André Kieffer enlevé dans la même ville le 16 avril 2004 continuent de faire couler encre et salive, a connu le même « tremblement » avec pour épicentre Grand-Bassam. Effectivement située dans la partie Sud-Est du pays des éléphants, cette première capitale ivoirienne durant la période coloniale, a servi de cadre le 02 novembre 2019 à une manifestation des journalistes ivoiriens. Des professionnels de media qui dans une tenue de circonstance uniformisée (tricot blanc) ont choisi de battre le bitume en se faisant l’écho du message « Justice pour les journalistes et sécurité pour la presse. » inscrit sur les pancartes et les banderoles avant d’être clamé urbi et orbi.

Prévenir vaut toujours mieux que guérir.

L'Afrique centrale n'était pas en reste avec notamment la République Démocratique du Congo (RDC) qui a abrité diverses cérémonies à l'occasion. La plus émouvante étant cet hommage rendu à François Kengy Kangundu alias « Frank Ngyke ». Cet homme de media de regrettée mémoire a été abattu dans la nuit du 02 au 03 novembre 2005 en compagnie de son épouse à leur domicile de Kinshasa. L'Association Congolaise des Femmes Journalistes de la Presse Écrite (ACOFEPE) dont la présidente n'est autre que la fille biologique du couple assassiné, a exigé que « La lumière soit faite sur ce double meurtre. ». Une exigence qui sera peut-être satisfaite à travers l'observatoire national pour la sécurité des journalistes de RDC.  Une structure mise en place le 06 novembre 2019 à l'issue de la tripartite qui a réuni dans la capitale du pays représentants de l'Unesco,du gouvernement et de la presse. Cet exemple pourrait rapidement faire tache d'huile au Cameroun où une rencontre quasi similaire s'est tenue à Douala quatre jours plutôt. Il s'agit d'une table ronde avec pour thème « Protection et sécurité des journalistes au Cameroun ». Autour de la table d’honneur se trouvait la coordonnatrice résidente du système des Nations-Unies au Cameroun qu'entouraient un responsable du Ministère de la Communication (Mincom) et le président du Syndicat National des Journalistes du Cameroun ( SNJC), initiateur de la rencontre. Assisse dont le quatrième exposé a permis de mettre en lumière l'action de la Fédération Africaine de Journalistes (FAJ) concernant la thématique du jour. C'est ainsi qu'intervenant par vidéo conférence, Omar Faruk, président du syndicat des journalistes de Somalie, apprendra à l'assistance que déjà  « en 2011 la FAJ appelait l'Union Africaine et les gouvernements à prendre des initiatives audacieuses pour mettre fin à l'impunité insupportable dont sont victimes les auteurs des pires crimes contre les journalistes en Afrique. ». Appel du reste réitéré séance tenante et surtout reçu favorablement par toutes les parties, conscientes de l'urgence d'agir pour protéger ces hommes et femmes qui pratiquent le plus beau métier du monde parfois au péril de leur vie. Ils sont repartis arborant des chasubles bleus (300) estampillés PRESSE avec en prime le logo du SNJC, qui leur ont été gracieusement offerts par Son Excellence Allegra Baiocchi, la patronne de l'ONU au Cameroun.En acceptant de se retrouver pour crever les abcès et surtout regarder dans la même direction que les organisations internationales et celles corporatistes, plusieurs gouvernements africains ont marqué de bons points à l'occasion de la célébration de cette 6eme édition de la journée internationale de fin de l'impunité des crimes commis contre les journalistes. Des points qui ne demandent qu'à être capitalisés avec la multiplication d'actes concrets non seulement contre l'impunité mais également pour la protection des journalistes qui de l'avis de plusieurs observateurs avertis n'est pas l'affaire d'une seule main. De quoi donner tout son sens à ce proverbe africain  selon lequel il en faut plusieurs pour  faire un nœud.

 

  Damien TONYE/UP AFRICA TV/Kribi

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