vendredi, septembre 24, 2021

“LE PIMENT”: UN NÉOLOGISME CHEZ LES CAMEROUNAIS …

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Le mot désigne plus communément le fruit de ces plantes, utilisées comme condiment ou légume (en français canadien, le mot piment désigne parfois les poivrons, les autres variétés de Capsicum, au goût plus piquant, étant appelés piments forts).

Dans le cas d’espèce, il ne s’agit pas de piment en tant que fruit, condiment ou légume mais d’une expression typiquement camerounaise pour parler de ‘’prostitution’ ou  une connotation faisant allusion à la commercialisation du sexe, avec des mots dérivés dans l’argot à l’instar de Pimenterie, Pimenteuse.

‘’Vendre le piment’’ (se prostituer) aujourd’hui n’est plus tabou, plus besoin de sortir de chez soi et s’approprier un bout de trottoir. La technologie fait tout le travail, un téléphone Android et des données mobiles suffisent pour attirer l’attention avec des photos de nudité ou encore ‘’nudes’’. Le piment est le plus à la mode au Cameroun et sur les réseaux sociaux, vous êtes une très belle jeune femme, mais dont l’on n’ignore le métier ou les activités au quotidien, vous êtes tout de suite taxée de ‘’pimenteuse’’.

Bien qu’étant le plus vieux métier au monde, il est urgent de se pencher davantage sur le phénomène. Comme  l’artiste Jovi qui semble décrier son ampleur avec son opus PimentCam. Ça s’entend comme l’industrie Camerounaise du piment. Des jeunes femmes Camerounaises sont même devenues très célèbres dans ce qu’on appelle « La vente du piment » et sont même considérées  comme des modèles de vie.

Alors on se pose les questions suivantes : Des exemples pour qui ? Qu’apprécie-t-on réellement dans ce mode de vie?  Est-ce un chemin à suivre pour garantir une vie réussie?

Contrairement à ce que l’on aurait pu penser il y a des décennies, se prostituer permettait de gagner des sous et pouvoir subvenir à ses besoins primaires pour certaines femmes, aujourd’hui c’est une question d’ambitions chez la jeune femme, une question de ‘’classe ou niveau social(e)’’, elles ne se lancent plus dans le piment parce qu’elles vivent dans la précarité mais juste pour s’offrir une vie de luxe (avoir un téléphone dernier cri,  des articles de marque, voyager et fréquenter des lieux chics, etc…).

L’artiste nous le dit dans sa chanson : « Est ce que tu as déjà vu une vendeuse de piment traverser le désert? Elle go là-bas chercher qui? Que les avions sont finis? Le billet d’avion pour la Turquie, elle passe par Dubaï pour la Russie.» « Une fille qui dormait dans le caniveau, la voilà qui change les euros »

Vendre le piment devient alors à ce moment un choix ou une décision qui n’est  pas toujours mûrie et l’on s’en rendra bien compte plus tard quand on sera atteint d’une maladie incurable, une grossesse indésirée, des infections sexuellement transmissibles, on est déçu par l’amant plein aux as qui ne pense qu’à s’amuser, nous ne pouvons ignorer les foyers brisés, etc…un autre extrait du chanteur : « Ennemi juré de la femme au Foyer…Tu look dans la marmite tu commences à pleurer »

Notons que la prostitution est  illégale au Cameroun et punissable par une forte amende ou une peine d’emprisonnement mais jusqu’ici  rien ne semble être fait pour y remédier et le phénomène  gagne du terrain en milieux scolaire et universitaire du pays également.

Ainsi, Jovi interpelle le Président de la République dès le début de sa chanson : « Monsieur le Prési, je suis une vendeuse de gésier. Je vends le piment pour m’acheter les beignets. Vendeuse de piment c’est aussi un métier…Le piment que tu vois là a aussi son marché, comme y’a un marché, il faut aussi quelqu’un pour démarcher… CNPS nous aussi on veut cotiser… »

De plus, la prostitution n’est plus seulement une affaire de la gente féminine mais aussi masculine. Des jeunes hommes qui proposent leurs services à des femmes parfois plus âgées, ou à des hommes. Et finalement, il n’y a qu’un pas entre la prostitution et l’homosexualité. Les plus jeunes sont enclin à cette tendance-là, avoir beaucoup d’argent à n’importe quel prix.

Il serait temps que des solutions soient apportées et mises à exécution. En attendant que ces mesures soient effectives, la jeunesse devrait changer sa vision de la réussite qui est celle d’être actionnaire de la PimentCam par exemple. Toutefois la jeune femme pourrait bien se lancer dans la commercialisation du fruit pour pallier à l’ennui causé par le manque d’emplois.

Ne dit-on pas qu’il n’est point de sot métier ?

 

ARMELLE GLADYS PONDA/ DOUALA -UP AFRICA TV

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