samedi, mai 21, 2022

Les motos-taxis en Afrique : La Nouvelle Débrouillardise au Cameroun

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La crise  socio-économique des années 90 avec son corollaire de licenciement en vague et de compressions en masse parfois à tête chercheuse dans les entreprises publiques, parapubliques ou privées  a fragilisé la plus part de nos Etats notamment dans le domaine du transport. Surtout dans les Etats de l’Afrique francophone à l’instar du Cameroun. Ou la Sotuc de l’époque et la Socatur (entreprise urbain de transport en commun)  actuelle suivi du gel de l’entretien routier ont favorisé un des comportements nouveaux. Pour joindre les deux dans une économie en plein marasme, la moto-taxi voit le jour[spacer height=”10px”] Luc BIGA/ Inspiré par Dr. Célestin Kaffo (Institut de la Cartographie au Cameroun)[spacer height=”3px”] Crédit photos Luc BIGA[spacer height=”25px”] Constat[spacer height=”5px”]        Pour mieux comprendre le phénomène des mototaxis communément appelé ‘’benskin’’ au Cameroun, ‘’zémidjan’’ ou ‘’zeds’’ au Bénin, ‘’Oléa’’ au Togo et ‘’kaboukabou’’ au Niger.  Allons faire un tour dans quelques grands artères de la ville de Douala, centre des affaires et poumons de l’économique de la sous-région CEMAC (Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique  Centrale). Faisons une halte au carrefour Mobil Baonakouang, feu rouge Bessengue, rond-point Deido pour ne citer que celles-là.  De tous, aucun n’est comparable au carrefour Ndokoti, zone tampon entre le 3ème et le 4ème arrondissement du département du Wouri région du Littoral au Cameroun.[spacer height=”5px”] La situation débute souvent par une banale altercation due à une incompréhension entre deux automobilistes au sujet d’une éventuelle priorité ou d’un accrochage du rien du tout. La queue commence à se former le long de la chaussée puis les engins à deux roues essaient de se frayer un chemin tant bien que mal. Au fur à mesure que les minutes s’égrainent le temps d’un battement de cils, que la situation est devenue chaotique. C’est en sortant de son véhicule, las évidemment d’attendre que l’on apprécie l’ampleur du phénomène. Une marée humaine de mototaxis à envahie le carrefour, rendant  impossible de circuler dans les deux sens même pour les piétons. Les trottoirs assez étroits sont occupés à l’avance par des marchandises soigneusement achalandés sur les comptoirs. Ceci près desquels, les jeunes vendeurs à la crier exhibent leurs produits derniers cris.   Le clou du spectacle est agrémenté  par un vacarme assourdissant de klaxons de mototaxis qui à force d’avancer sans observer le trafic en amont  a fini par rendre la situation intenable. Tout ceci accompagné d’une bonne  zeste  séquence de propos injurieux comme pour se donner du change ; question parfois d’évacuer son stress accumulé. C’est au fort de tout cela que l’on se rend compte que la ville jouit d’une forte démographie. Même les forces de maintien de l’ordre constitués d’agents de la circulation routière de la police et des agents de la police municipale de la communauté urbaine, commis à cet effet restent impuissants, ils ne  savent plus à quel se fouée.’’ Il faut prendre son mal en patience car le calvaire ne fait que commencer’’, dit Herman à son ami Stéphane qui vient passer un court séjour dans la ville. On peut y rester des heures durant pour passer le bouchon. C’est parfois avec l’aide des âmes de bonne volonté que la situation parvient souvent à se décanter. Difficile ici de déterminer les jours et les heures de grandes affluences car il ne suffit pas souvent  d’une étincelle pour que le feu s’embrase.[spacer height=”5px”]   Comment en est-on arrivé à ce flux massif ? [spacer height=”5px”]La reconversion des jeunes diplômés à la recherche de l’emploi dans d’autres domaines activités  est le nœud golgien dans nos Etats Africains surtout ceux au sud du Sahara. A ces jeunes, s’ajoute l’arrivée des paysans et ouvriers agricoles qui découragés par la faiblesse des prix offerts par les cultures de rentes, se déplace vers les grandes agglomérations dans l’espoir d’y trouver un ‘’el dorado’’. Les moyens de communications pour écouler leurs produis date de l’époque coloniale.  Sans oublier ceux qui fuient les zones de conflits à la recherche d’un équilibre voir d’une sécurité sociale et alimentaire.  Et au Cameroun cependant, plusieurs mesures gouvernementales survenues en janvier et novembre 1993 ont diminuées drastiquement les salaires de l’ordre d 60 à 70 pourcent et la dévaluation de 50 pourcent de FCFA en janvier 1994 et les émeutes de  la faim des années 2008 ont amplifié une situation de crise devenue pernicieuse. C’est dans cette optique de survie que les populations précarisées ont développé des stratégies particulières en direction du secteur informel. Dans les grandes villes notamment Douala, Yaoundé, Baffoussam et Ngaoundéré et autres… Ces populations éprouvent de réelles difficultés pour se déplacer surtout pendant la période des classes comme c’est le cas de la rentrée scolaire  au Cameroun depuis le 2 septembre dernier. Ainsi les moyens de transport existant (bus, taxis et autres cargos) ne peuvent satisfaire la demande de plus en plus croissante. Aux heures de pointe c’est-à-dire entre 6h30-8h  et à partir de 16h jusqu’à 19 voir 21h parfois. Où les travailleurs, élèves et étudiants et même les commerçants prennent d’assaut les rues et sollicitent le plus la mototaxi pour regagner leur domicile respectif. L’absence de routes viables et le manque d’entretien de la voirie a entrainé une ruée vers les mototaxis qui peuvent rallier les coins les plus retirés dans les quartiers dit Florence élève au Lycée de Japoma dans le 3ème  situé habite  à une quinzaine de kilomètre de son établissement. Ces parents contrariés par ce moyen de locomotion qu’ils trouvent dangereux  sont impuissants face à la réalité. Le phénomène a entrainé la disparition du monopole des taximen. Avec pour incidence directe  la baisse du coût du transport  aux heures creuses  surtout pour les longues distances. Les taximen la plus part des cas voient les conducteurs de mototaxis comme des adversaires qui ont pris une partie de leurs revenus.[spacer height=”5px”]   Mototaxis secteur risqué mais structuration[spacer height=”5px”] C’est une alternative concrète à la précarité de l’emploi et à la stagnation voir la baisse des ressources. Plusieurs goulots d’étranglement paraissaient  insurmontables. Le secteur faisait face à une insécurité qui tend à disparaitre parce que les acteurs ont pris conscience des enjeux liées à leur activité. On les taxait d’être friant du gain que de leur propre  sécurité ou encore celle des clients qu’ils transportent.[spacer height=”5px”] Longtemps considéré comme la brebis galeuses de la société du fait de nombreuses exactions qui leurs sont imputés (vol en bande organisé abord les motos, accidents de la circulation, incivisme de tout genre, malpropreté et bien d’autres). Ces derniers se sont aujourd’hui constitués en Syndicat notamment le SYNCOPROMOTA (dans le département du Wouri) en est un exemple parmi tant d’autres. La majorité essaye de se conformer non seulement à la règlementation  en vigueur mais aussi dans l’assainissement de leur milieu. Avec l’appui des pouvoirs publics et de la société civile, des séances de formations pour  l’obtention des permis de conduire catégorie A sont effectives. A l’actif des causeries éducatives régulières, le port systématique des chasubles et du casque permettant une identification et une protection dudit conducteur ainsi qu’un badge sont là ; quelques éléments qui leur accordent actuellement du crédit au sein de la population.[spacer height=”5px”] Un vivrier d’emploi au fonctionnement atypique[spacer height=”5px”] Jean Michel et François sont deux  responsables de famille, respectivement âgés de 36 et 40 ans. Mariés avec enfants à charge, ils n’ont que pour activité principale la mototaxis, qu’ils exercent pour le premier depuis 10 ans et le second est à sa  la 7ème année. Tous les matins de Lundi à Samedi ils arpentent les coins et les recoins de la cité capitales économiques Douala, pour conduire leurs éventuels clients à leurs lieux de destination. Chacun essaient de son mieux de subvenir aux besoins de leurs progénitures et famille malgré le coût de la vie. ‘’C’est une activité assez onéreuse lorsqu’on est propriétaire d’une moto. On travaille alors sans stress et à son rythme’’ lance Jean-Michel. François est d’ailleurs bien conscient du fait qu’il ne va pas demeurer conducteur de moto. Il envisage dans un futur proche de suivre une formation en agriculture afin de s’y lancé plus tard. Il prépare sa retraite ricane-t-il pour la fin. Pour lui, ’la seule chose qui ne va le tromper est le travail de la terre’’.[spacer height=”5px”] En leur sein l’on retrouve une catégorie d’acteurs qui pour des raisons d’arrondissement de fin de mois ‘’taclent’’ au sortir du boulot ou le weekend. Ceux-là sont considérés comme des occasionnels ou temporaires. Il y en a aussi qui disposent de moto sans est être des propriétaires, ils le sont de faits car leur titre de propriété  est conditionné par un contrat-vente. C’est au bout d’une certain période après versement totale du montant d’achat de l’engin qu’ils en deviennent des propriétaires. Les téméraires peuvent le faire en 3 ou 4 mois, les bosseurs en 6 mois c’est d’ailleurs le délai requis. Mais ceci s’obtient au prix de plusieurs privations, des nuits sans sommeils, des cotisations dans tes tontines. Une souffrance  qui en vaut la peine vue la satisfaction au bout du compte. Car selon les clauses du contrat leur versement à échéance est tributaire d’une traite journalière ou hebdomadaire. Dont le montant minimal est de 3000 FCFA par jour et de 25000 par semaine. Et le compte y est pour un engin acheté sensiblement à 600 000 FCFA .Au pire des cas ces derniers finissent souvent dans les  geôles pour n’avoir pas rempli leur obligation volontairement ou pas.[spacer height=”30px”] REACTIONS ABDUL (conducteur de mototaxi-Douala)[spacer height=”5px”] L’identification est un élément indispensable[spacer height=”5px”] « En ce qui me concerne, le port de chasuble et autres identifiant sont des artifices important pour notre propre sécurité et celle de nos clients. Car en cas d’accident ou d’incident l’on sait rapidement où se référer en fonction de sa zone suivie par une prise en charge partielle du syndicat »[spacer height=”5px”] William KENYE (Pdt syndicat Mototaxi/ SYNCOPROMOTA/Douala)[spacer height=”5px”] Pour une valoriastion de notre secteur[spacer height=”5px”] « Depuis un certain temps le secteur est envahi par des brebis galeuses qui ternissent l’image de notre profession. Avec les directives nationales nous voulons mettre fin au désordre dans nos rangs. Car toutefois que l’on parle d’insécurité dans notre pays ou dans la ville de Douala on indexe toujours les benskineurs. Le temps est venu de sonner la fin de la récréation en nous mettant au travail en respectant le code de bonne conduite que nous sommes fixés. Tout conducteurs de mototaxi qui se respecte devrait être syndiqué pour la promotion de notre corporation car nous ne sommes pas les paria de la société ».[spacer height=”5px”]   Sandrine NDOUMBE (Habitante de Douala)[spacer height=”5px”] Une activité d’utilité publique[spacer height=”5px”] « Je trouve que les mototaxis sont utiles  dans notre ville. Car avec l’absence de route et voirie viable comment peut-on rallier nos quartiers et périphéries enclavées. Aussi en termes de rapidité l’on peut arriver à son rendez-vous à temps et contourner les nombreux bouchons qui sont le lot quotidien de la ville. Il n’y a pratiquement pas de route dans la ville, tout est à refaire. Je déteste être prise dans le bouchons, je préfère parfois marcher si la circulation est fluide ».[spacer height=”5px”]   Sidonie DJOMO (Résidente de Douala)[spacer height=”5px”] Une activité à interdire[spacer height=”5px”] «  Je pense que les pouvoirs publics gagneraient véritablement à avoir un regard sur cette activité. C’est un groupe très envahissant, irrespectueux pour la plus part. On dirait qu’ils ont les mêmes parents. Même le plus poli dès qu’ils montent dessus il épouse le comportement de l’environnement. Je les trouve sales et répugnants raison pour laquelle je préfère attendre mon taxi peu importe là où je vais. Je prends toujours mes dispositions ».[spacer height=”20px”] Luc Biga/UP AFRICA TV

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