samedi, mai 21, 2022

L’autonomisation économique des femmes en Afrique

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L’autonomisation économique des femmes doit se définir en se rapportant au concept plus général d’autonomisation. Les Nations Unies définissent l’autonomie des femmes à partir des cinq principaux critères suivants : le sens de la dignité, le droit de faire et de déterminer ses choix, le droit d’avoir accès aux ressources et aux opportunités, le droit d’avoir le contrôle sur sa propre vie, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du foyer et la capacité d’influencer le changement social afin de créer un ordre économique et social juste sur le plan national et international. Tandis qu’en occident les conditions sont plus favorables pour l’autonomisation des femmes, ici en Afrique les femmes sont de plus en plus confrontées à des difficultés qui entravent leur autonomie économique. Ces difficultés émanent de la discrimination liée au genre.[spacer height=”20px”] La discrimination liée au genre est un problème qui se discute de plus en plus dans les milieux intellectuels. Même si cette discrimination touche presque tous les continents du monde c’est en Afrique qu’elle se pose avec beaucoup d’acuité. Ce phénomène qui tend à maintenir la femme africaine dans une certaine dépendance vis-à-vis de l’homme est de plus en plus décrié par la gente féminine, ce qui ne laisse pas indifférents bon nombres d’observateurs et d’analystes. Ainsi des voix se lèvent de plus en plus pour dénoncer cet état de fait, afin d’essayer d’établir une sorte d’égalité de sexe qui selon elles, pourrait permettre aux femmes d’accéder à leur autonomie économique. Cependant quels atouts ont ces femmes pour prétendre avoir leur autonomie économique ? Et quel est leur poids réel dans nos économies africaines ?[spacer height=”20px”] Pour répondre à une telle problématique nous nous efforcerons de faire le tour d’horizon des activités économiques exercées par les femmes en Afrique et montrer comment elles pourraient participer à la croissance économique.[spacer height=”20px”]

[spacer height=”20px”]En Afrique noire, depuis la cellule familiale la femme est victime de discrimination, les parents préfèrent scolariser les enfants de sexe masculins et les filles sont destinées aux taches ménagères ce qui ne leur permet pas d’être cultivées et accéder à des emplois décents. Dans les campagnes les jeunes filles sont pour la plupart  forcées au mariage précoce, aussi elles n’ont aucun moyen d’épanouissement car elles dépendent totalement du conjoint. Le manque de formation oblige ces femmes à embrasser des emplois précaires sans grande rémunération, les maintient dans une dépendance vis-à-vis de leur conjoint et sont dépourvues de pouvoir de décision. Sauf une minorité à accès au système éducatif et très peu parmi ces scolarisées franchissent le cap du secondaire pour atteindre le supérieur. En général dans les zones rurales, le rôle de la femme est purement limité à la procréation, aux travaux ménagers et à certains travaux champêtres préétablis. Leur source de revenus est principalement la vente de petites quantités de vivriers récoltés dans les plantations de leurs époux et ces maigres revenus doivent servir essentiellement à satisfaire les besoins alimentaires de la cellule familiale. De ce fait en milieu rural, la femme, pour satisfaire ses besoins en vêtements et produits de beauté doit obligatoirement solliciter l’aide de son conjoint puisqu’elle se trouve dans une situation de dépendance totale. Dans les zones urbaines le taux de scolarisation des femmes reste aussi bas, mais la situation est plus reluisante qu’en zone rurale. Dans le milieu urbain l’on assistera à une relative hausse du taux de scolarisation des femmes du fait que les parents sont pour la plupart des alphabètes et ont été sensibilisés le plus souvent sur la question. Cependant la plupart de ces jeunes filles scolarisées abandonnent le chemin de l’école avant le secondaire, ce n’est qu’une minorité qui atteint le supérieur, cet état de fait ne permet pas à la grande majorité de postuler à des emplois de responsabilité. Ainsi l’on assistera à une ruée des jeunes filles à faible niveau d’étude vers les emplois précaires qui meublent le secteur informel, à savoir : le petit commerce mal organisé, les emplois de gouvernantes, de nounous, les petits restaurants qui ne respectent pas les normes de salubrités etc. Or ces activités sont à faibles valeurs ajoutées, ce qui va engendrer une dépendance de ces femmes vis-à-vis des hommes, puisque leurs revenus ne pourront leur permettre de vivre décemment. Pour ce qui est des femmes ayant obtenu des diplômes universitaires, elles seront confrontées à une rude concurrence avec les hommes diplômés. Ces femmes auront du mal à s’insérer dans le tissu social, puisque la politique d’insertion sociale dans nos sociétés africaines ne prévoit rien pour une facilitation de l’insertion des femmes. Bien au contraire la politique d’emploi est défavorable aux femmes tant sur le plan du quota de places qui leur est réservé dans l’accès à l’emploi que sur le plan salarial.[spacer height=”20px”]

Pour évaluer l’égalité des opportunités économiques, l’indice de l’égalité de genre compare les taux de participation des femmes et des hommes à la force de travail, leurs salaires et leurs revenus, leur propriété des entreprises et leur accès aux services financiers. Les chiffres indiquent que selon les normes mondiales, les femmes africaines sont à la fois économiquement actives et très investies dans l’entreprenariat. Elles constituent le noyau de la main-d’œuvre agricole et possèdent la majorité des entreprises du secteur informel. Malheureusement, on les trouve en général dans les professions à faible valeur ajoutée, dont la rentabilité économique est insignifiante.[spacer height=”20px”] Elles sont confrontées à toute une série d’obstacles qui les empêchent d’évoluer vers des activités plus productrices. Par exemple dans le secteur de l’agriculture qui est le secteur le plus dominant dans nos économies africaines, les femmes constituent pratiquement les deux tiers de la main d’œuvre agricole et produisent la majorité des denrées alimentaires du contient. Or les femmes dans les femmes ont très peu accès aux intrants essentiels que sont la terre, le crédit, les engrais, les nouvelles technologies et les services de vulgarisation. De ce fait leurs rendements sont nettement plus faibles que ceux des hommes. En Ethiopie par exemple, les femmes ont une production de 26 % inférieur à celle des hommes et au Ghana de 17%.[spacer height=”20px”]

[spacer height=”20px”] Pour ce qui concerne l’entreprenariat, les femmes africaines sont très entreprenantes. Elles sont propriétaires du tiers de l’ensemble des entreprises en Afrique, avec le record de 61,9% en Côte d’Ivoire. Pourtant on retrouve les femmes les femmes entrepreneure plutôt dans les micro entreprises du secteur informel, où elles travaillent dans les activités à faible valeur ajoutée et aux rendements marginaux. Elles ont tendance à entreprendre par nécessité plus que par choix, poussées vers le petit commerce.[spacer height=”20px”] Vu le rôle important que jouent les femmes dans la société africaine  (éducation des enfants dans le foyer, création d’entreprises, productrices de vivriers) il serait important que les décideurs se penchent sur leur encadrement afin qu’elles accèdent à leur autonomie financière pour un meilleur épanouissement.[spacer height=”20px”] Pour ce faire, il appartient aux gouvernants d’inclure dans leur politique de gouvernement l’égalité de sexe afin de donner une place aussi importante aux femmes qu’aux hommes dans l’accès à l’emploi public. Quand l’on constate le déséquilibre qu’il y a dans les nominations aux emplois publics en Afrique, il est impérieux de tirer la sonnette d’alarme si nous voulons un meilleur épanouissement des femmes. Aussi les dirigeants devraient permettre aux femmes un plus grand accès aux crédits en créant des banques spécialement pour financer leurs activités puisqu’il est prouvé que les femmes africaines s’investissent de plus en plus dans l’entreprenariat. Aussi faut-il sensibiliser les hommes à un plus grand respect de la gente féminine afin de résorber les multiples maltraitances infligées aux femmes par les hommes.[spacer height=”20px”]

Hermann Kouadio/UP AFRICA TV/ABIDJAN

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