Pourquoi il faut en finir avec le « sorcier blanc » en Afrique ?

Pris ailleurs
Ainsi s’interrogeait Seghir Lazri, journaliste au quotidien français Libération en juin 2018. Cette question qui reste d’actualité trouve toute sa raison d’être à l’heure du tout protectionnisme. Selon le français Denis Lavagne, l’un des « sorciers  blancs »  du Cameroun de la cuvée 2011, « L’Afrique est attractive, elle est capable d’offrir des salaires proches de ceux pratiqués en Europe, parfois même équivalents». L’Afrique est donc pour ces bizuths et chômeurs de tout poil, une terre d’argent facile. Et c’est sans surprise qu’en 2012, on ne dénombrait pas moins de 23 sélectionneurs étrangers sur cinquante-cinq sélections installées sur le continent. Presque qu’un essaim !!! Ces techniciens supérieurs ? du football sont pour la plupart à leur arrivée en Afrique, des aventuriers sans carte de visite qui se présentent à la tète des sélections nationales africaine et raflent le plus souvent la mise face à des nationaux aussi bien formé qu’eux. Des nationaux bien souvent réduits à remplir des fonctions d’adjoints quand on ne leur propose pas de s’occuper des sélections inferieures avec des salaires de catéchistes. Et pourtant, depuis la création de l’Equipe de France de football en 1904 par exemple, il n’a y eu d’un seul et unique  sélectionneur étranger : Ștefan Kovács (8 sept. 1973 – 15 nov. 1975.cela date de mathusalem ! En Angleterre, en dehors du suédois Sven-Goran Eriksson (2001 – 2006) et de l’italien Fabio Capello (2007 – 2012) tous les entraineurs ont toujours été des nationaux. En 105 années d’existence, le Brésil n’a jamais été tenté par cette expérience. Contrairement à ce qui avait été observé à la Coupe d’Afrique au Gabon où seules quatre des seize sélections avaient à leur tête un coach local, la CAN-2019 a donné de l’espoir aux techniciens du continent. En effet, onze sélectionneurs africains ont été sur les bancs en Égypte : Florent Ibenge (RD Congo), Sunday Chidzambwa (Zimbabwe), Olivier Niyungeko (Burundi), Aliou Cissé (Sénégal), Djamel Belmadi (Algérie), Ricardo Mannetti (Namibie), Ibrahim Kamara (Côte d’Ivoire), Mohamed Magassouba (Mali), Baciro Candé (Guinée-Bissau), James Kwesi Appiah (Ghana), Emmanuel Amunike (Tanzanie) A l’issue de cette CAN, l’Algérie de Djamel Belmadi a remporté la finale face au Sénégal d’Aliou Cissé, tandis que le Nigéria du franco-allemand Gernot Rohr. Comme quoi les « sorciers blancs » ne sont toujours pas premiers de la classe.  Cependant, la dernière actualité « footballistique » du continent est venue quelque peu assombrir l’espoir né au Caire. Le Cameroun et la Guinée pour ne citer que ces deux pays là ont confié leurs équipes aux non nationaux. La chasse aux « sorciers blancs » est décidément une religion en Afrique !    JA / UP AFRICA TV