LE PRESIDENT OBAMA REND HOMMAGE A GEORGES FLOYD

Opinion & Diaspora

L’ancien président des États-Unis signe une tribune en réponse à la crise sociale que traverse le pays, en rappelant notamment l’importance du vote local.

« Cela devrait pas être normal dans l’Amérique de 2020. Cela ne peut pas être normal », avait déclaré Barack Obama quelques jours après la mort de l’Afro-Américain George Floyd aux mains de la police. L’onde de choc produite par l’affaire a depuis retenti aux quatre coins des États-Unis. Des manifestations et des émeutes contre le racisme et les violences policières ont éclaté à Minneapolis, puis dans plusieurs autres États. Dans une tribune publiée sur le site Medium, l’ancien occupant de la Maison-Blanche s’est penché plus en profondeur sur la crise sociale que traverse le pays. Une analyse et une invitation pour « faire de ce moment le tournant d’un véritable changement ».

Pour Barack Obama, la vague de manifestations qui a submergé le pays représente en effet « une frustration légitime face à l’échec de plusieurs décennies pour réformer les pratiques policières et le système de justice pénal américain ». « L’écrasante majorité des manifestants ont été courageux, pacifiques et inspirants », écrit-il, en condamnant toutefois une « petite minorité » ayant eu recours à la violence, ce qui « nuit à la cause et aggrave la situation de quartiers déjà à court de services ». Selon l’ancien président des États-Unis, les protestations servent à « mettre en lumière l’injustice », mais les changements doivent passer « par des lois et pratiques institutionnelles spécifiques ». Des ambitions qui ne peuvent se faire qu’en élisant « des fonctionnaires qui répondent à nos demandes ».

Dans sa tribune, Barack Obama rappelle que les pouvoirs publics qui comptent le plus pour réformer les services de police et le système judiciaire américain exercent au niveau local et étatique. « Ce sont les maires et les cadres de Comté qui nomment la plupart des chefs de police et négocient des accords avec les syndicats de police. Ce sont les procureurs de district et les procureurs de l’État qui décident d’enquêter ou non sur une affaire, et d’inculper in fine les personnes impliquées dans des conduites inadéquates », explique-t-il.

L’ancien président américain rappelle dès lors l’importance du vote : « Le taux de participation à ces élections locales est généralement et malheureusement bas, en particulier chez les jeunes […] Si nous voulons apporter un vrai changement, le choix ne se situe pas entre la protestation et la politique. Nous devons faire les deux. Nous devons nous mobiliser pour sensibiliser, et nous devons organiser et voter pour nous assurer d’élire des candidats qui pourront réformer », soutient-il. « Plus nous pourrons formuler des demandes précises, plus il sera difficile pour les élus de simplement offrir une réponse à cette crise, puis de se remettre au travail comme d’habitude quand les manifestations auront disparu. »

 

UP AFRICA TV/ LEPOINT